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Sunday, December 20, 2020

Entre matchs annulés, forfaits et victoires « à l’écouvillon », la Coupe d’Europe de rugby déboussolée par le Covid-19

Vendredi, les Scarlets de Llanelli se sont présentés seuls dans leur enceinte du Pays de Galles, Toulon n’ayant pas voulu disputer la rencontre de Coupe d’Europe. Vendredi, les Scarlets de Llanelli se sont présentés seuls dans leur enceinte du Pays de Galles, Toulon n’ayant pas voulu disputer la rencontre de Coupe d’Europe.

Conséquence imprévue de la pandémie de Covid-19, une épidémie de 28-0 frappe le rugby européen ce week-end. Déjà largement modifiée, afin de limiter les voyages des clubs et les risques de propagation du coronavirus, la nouvelle formule de la Coupe d’Europe de rugby est rattrapée par la pandémie. D’abord par les annulations de rencontres – trois ce week-end, dès la deuxième journée de la compétition. Mais aussi par le refus du RC Toulon d’affronter les Scarlets de Llanelli, vendredi 18 décembre, inquiet d’un cas de Covid-19 dans les rangs gallois, qui vient chambouler la compétition européenne.

Prévus ce week-end, La Rochelle-Bath, Toulouse-Exeter et Glasgow-Lyon n’ont pas pu se dérouler, pour des raisons liées au coronavirus – soit parce que des joueurs étaient à l’isolement, car cas contacts, soit à cause de joueurs touchés par le Covid-19. Dans un règlement comme seul le rugby sait en concocter, une équipe est déclarée victorieuse si, quand son adversaire doit déclarer forfait en raison de cas avérés de Covid-19 ou de simples cas contacts, les tests effectués sur son effectif se révèlent négatifs. Une victoire « à l’écouvillon », donc, récompensée en sus d’un point de bonus offensif.

Les clubs « responsables » de ces annulations étant les trois clubs britanniques, leurs adversaires français ont été déclarés vainqueurs sur tapis vert (28-0, soit la victoire bonifiée), en accord avec le protocole édicté par l’European Professional Club Rugby (EPCR).

Toulon, premier club à déclarer forfait pour « raisons sanitaires »

Contraint de composer avec un calendrier resserré – la finale de l’édition 2019-2020 ne remonte qu’à octobre – et une recrudescence de la pandémie sur le continent, l’organisateur des compétitions européennes (la Champions Cup et sa petite sœur, la Challenge Cup) avait largement remanié la formule de sa compétition-phare, pour prévenir les risques de contamination. Chaque club ne dispute que quatre matchs (face à deux adversaires seulement), ce qui rapproche la Coupe d’Europe d’une phase à élimination directe.

Au cours du week-end, un nouvel imbroglio a agité l’ovalie : à son tour, la rencontre devant opposer Llanelli et Toulon, vendredi, n’a pas eu lieu. Pas suite à une décision de l’EPCR, mais à un choix du club varois de ne pas se présenter sur la pelouse galloise. Après qu’un joueur des Scarlets a été testé positif et placé à l’isolement, le RCT a renoncé à disputer la rencontre, ne comprenant pas que les organisateurs la maintiennent quand ils annulaient en parallèle celle prévue entre La Rochelle et Bath, samedi. L’EPCR l’expliquant quant à elle par l’absence de douze joueurs du club anglais, cas contacts de celui des Scarlets depuis le match entre les deux équipes la semaine passée (victoire de Llanelli 23-19), ce qui a empêché Bath « d’aligner une équipe d’un niveau suffisant » face aux Rochelais.

Estimant que « les conditions sanitaires n’étaient pas réunies » et regrettant l’absence de réponse quand au nombre de cas contacts chez les joueurs gallois, le RCT juge avoir été contraint de prendre « une décision déchirante » pour protéger ses joueurs. Et est devenu le premier club à déclarer forfait pour des raisons sanitaires. Après le refus du club varois de reporter la rencontre à dimanche, l’organisateur a sanctionné Toulon d’une défaite sur tapis vert.

Interrogé samedi par l’Agence France-Presse (AFP), le directeur général de l’EPCR, Vincent Gaillard, a « déploré fortement la décision du Racing Club de Toulon de ne pas jouer un match qui nous semblait jouable sur un plan sanitaire », précisant qu’aux yeux des organisateurs, « tout le nécessaire a été fait pour confirmer que ce match pouvait se jouer, contrairement aux trois autres ». Un verdict que remet en cause Toulon, qui regrette « une imprévoyance dont nous sommes victimes » de la part de l’EPCR après la rencontre entre Bath et Llanelli, et envisage un recours.

Dans cette compétition amputée de quatre rencontres, le reste des matchs s’est déroulé sans encombre. Seul représentant français épargné par les conséquences du coronavirus samedi, Clermont s’est incliné de justesse sur sa pelouse face aux Irlandais du Munster (31-39). Mais l’enjeu sportif de la compétition reine en Europe risque de plus dépendre des résultats des tests que du jeu développé par les équipes.

Le champion d’Europe en titre menacé

A ce jeu de domino, le champion sortant, le club anglais d’Exeter, est tombé à son tour. Vainqueurs du Racing 92 en finale de l’édition précédente, les joueurs du Devon ont vu leurs chances de réaliser le doublé réduites quasiment à néant avec leur forfait imposé dans le choc face au Stade toulousain. L’effectif d’Exeter comptant une multitude de joueurs touchés par le Covid-19, l’EPCR a décidé d’annuler cette revanche de la spectaculaire demi-finale de la saison précédente. Cette défaite sur tapis vert (28-0) pourrait empêcher les Chiefs de se qualifier pour les quarts de finale de la compétition revisitée.

L’organisateur précise dans son communiqué ne pas rejeter la faute sur les clubs frappés par la pandémie, mais avoir tranché « dans l’optique de faciliter l’achèvement de cette saison de Champions Cup dans des circonstances sans précédent ».

Des circonstances qui compromettent l’enjeu sportif de la compétition, Toulon envisageant déjà de laisser de côté la compétition lors des rencontres suivantes. « Face à Llanelli à Mayol, pour le prochain match, peut-être que nous enverrons des juniors, a déclaré samedi le président toulonnais, Bernard Lemaître, interrogé par Midi olympique. Ensuite on ira à Sale, et alors ? On ne va pas jouer le jeu. Le RCT est frustré, bafoué, insulté… » Difficile d’y voir clair dans cette compétition alambiquée, où l’écouvillon revêt presque autant d’importance que le ballon ovale.



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